Stress hydrique et indice CWSI : guide de l'irrigation de précision
Stress hydrique et indice CWSI : guide de l’irrigation de précision
Introduction
Le stress hydrique des cultures est devenu l’un des principaux risques pour l’agriculture italienne : la sécheresse des fleuves, les vagues de chaleur et les hivers peu pluvieux de ces dernières années ont transformé l’irrigation d’une pratique complémentaire en un levier stratégique pour le rendement et la qualité. Selon les données de la FAO et de l’ISPRA, le stress hydrique touche des portions croissantes du territoire italien et européen. Mesurer le stress hydrique de façon objective, avant qu’il ne devienne un dommage visible, est aujourd’hui possible grâce à l’indice CWSI calculé à partir d’images thermiques acquises par drone. Ce guide explique comment il fonctionne, comment l’interpréter, quand voler et comment l’intégrer avec des capteurs de sol et des stations météo pour construire une irrigation de précision réellement efficace.
Stress hydrique des cultures : causes, physiologie et impacts
Le stress hydrique des cultures est la condition physiologique dans laquelle la plante ne parvient pas à satisfaire la demande transpiratoire imposée par l’atmosphère avec l’eau disponible dans le sol. Lorsque le déficit de pression de vapeur (VPD) augmente et que l’eau du sol se raréfie, les stomates se ferment, la photosynthèse ralentit et la température foliaire augmente : c’est précisément cette hausse thermique, lisible à distance, qui constitue la base physique du CWSI.
Les causes du stress hydrique sont multiples : pluviométrie hivernale plus faible, vagues de chaleur estivales de plus en plus fréquentes, sols à faible capacité au champ, systèmes d’irrigation non zonés. Les impacts vont de la réduction du rendement à la perte de calibre des fruits, de l’altération du rapport sucres/acidité dans les raisins à l’avortement floral dans les oliveraies, jusqu’au risque de stress permanent sur les cultures arboricoles jeunes.
20-50 % : Économie d’eau potentielle estimée pour les exploitations qui adoptent des systèmes d’irrigation de précision zonés par rapport aux régimes d’irrigation uniforme traditionnels, sur la base d’expériences documentées dans les filières viticoles et fruitières/maraîchères italiennes (source : analyse basée sur les données FAO Aquastat et les rapports ISPRA sur l’état des eaux).
Stress hydrique en viticulture : positif ou négatif ?
La vigne est l’une des rares cultures pour lesquelles un certain degré de stress hydrique est recherché. Un déficit hydrique contrôlé modéré entre la véraison et les vendanges favorise la concentration en sucres, polyphénols et anthocyanes, contient la vigueur végétative et améliore la qualité potentielle du vin, en particulier dans les vins rouges structurés et les AOP à forte identité territoriale.
Le point d’équilibre est cependant subtil : au-delà d’un certain seuil, le stress hydrique devient un dommage. La fermeture stomatique prolongée bloque la photosynthèse, réduit la maturation et risque de laisser des séquelles sur la saison suivante. Mesurer le stress de façon objective, avec le CWSI ou le potentiel foliaire, permet au viticulteur de rester dans la fenêtre « qualitative » sans dépasser le seuil critique.
Stress hydrique en oléiculture, arboriculture fruitière et maraîchage
En oléiculture, le stress hydrique doit au contraire être minimisé lors de phases sensibles comme la floraison, la nouaison et le grossissement du fruit : un déficit à ces stades phénologiques provoque de la chute de fruits, une baisse du rendement en huile et une réduction du calibre. En arboriculture fruitière (fruits à noyau, fruits à pépins, agrumes) et en maraîchage, le lien entre disponibilité en eau et calibre/qualité est encore plus direct, et les cartes CWSI orientent la programmation irriguée par zone.
Comment mesurer le stress hydrique : méthodes directes et indirectes
Mesurer le stress hydrique signifie quantifier le bilan entre l’eau perdue par transpiration et l’eau disponible pour la plante. Il existe des méthodes directes, basées sur des mesures de laboratoire ou de terrain sur la plante et le sol, et des méthodes indirectes, basées sur la télédétection thermique et multispectrale. Les deux approches sont complémentaires : les premières fournissent la référence de vérité terrain, les secondes la couverture spatiale et la fréquence.
Méthodes directes : potentiel foliaire, tensiomètres, sondes TDR
Le potentiel hydrique foliaire, mesuré à la chambre à pression de Scholander, est considéré comme la référence scientifique absolue pour quantifier l’état hydrique de la plante : il s’exprime en MPa (valeurs négatives) et possède des seuils connus par culture et stade phénologique. Il est précis mais nécessite des opérateurs expérimentés, reste ponctuel et se prête mal au passage à l’échelle sur de grandes surfaces.
Les tensiomètres et les sondes TDR (Time Domain Reflectometry) ou capacitives mesurent quant à eux la disponibilité en eau du sol à différentes profondeurs. Ils permettent un suivi continu à distance mais représentent un point unique du champ, et non la réponse physiologique réelle de la plante. Pour dépasser la limite de la représentativité spatiale, chaque exploitation devrait être couverte par au moins une sonde par zone homogène (par pédologie, exposition, variété).
Méthodes indirectes : télédétection thermique et multispectrale
La télédétection comble la lacune de la spatialité. La thermographie agricole par drone mesure la température du feuillage à l’aide de capteurs IR grande longueur d’onde (8-14 µm) et, combinée aux données météo, alimente le calcul du CWSI. En parallèle, des indices multispectraux comme le NDRE, l’OSAVI ou le rapport de réflectance NIR/SWIR fournissent des informations complémentaires sur l’état végétatif et la teneur en eau éventuelle du feuillage.
Pour en savoir plus sur les plateformes d’acquisition, il est utile de consulter le panorama des capteurs pour drone dédiés à l’agriculture, qui décrit les avantages et inconvénients des capteurs multispectraux et thermiques selon les saisons et les stades phénologiques.

Fig.1 : Acquisition thermique par drone en vignoble : la fenêtre de vol optimale se situe entre 11h00 et 14h00 par temps ensoleillé et stable, condition nécessaire pour un CWSI fiable.
L’indice CWSI : définition, formule et seuils opérationnels
L’indice CWSI (Crop Water Stress Index) est un indice adimensionnel compris entre 0 et 1 qui mesure le niveau de stress hydrique d’une culture en comparant la température du feuillage à deux références théoriques dans les mêmes conditions atmosphériques : la température que la même culture aurait en l’absence de stress (bien irriguée) et celle qu’elle aurait en stress maximal (stomates complètement fermés).
Le fondement physiologique du CWSI est simple : une plante bien hydratée transpire et, par refroidissement évaporatif, maintient son feuillage plus frais que l’air ; en cas de manque d’eau, les stomates se ferment, la transpiration diminue et le feuillage se réchauffe. Le Crop Water Stress Index normalise cette différence thermique entre deux limites théoriques. Dans la formulation établie dans la littérature (formulation empirique d’Idso et théorique de Jackson, 1981), l’indice s’écrit sous forme normalisée :
CWSI = (dT − dTLL) / (dTUL − dTLL)
où dT = Tc − Ta est la différence mesurée entre la température du feuillage (Tc, issue de la caméra thermique) et celle de l’air (Ta), en °C. Les deux termes de référence sont :
- dTLL (lower limit, référence basse) : différence Tc − Ta attendue pour une culture bien irriguée et en pleine transpiration (non-water-stressed baseline). Elle est en général négative, le feuillage étant plus frais que l’air, et dépend du déficit de pression de vapeur (VPD).
- dTUL (upper limit, référence haute) : différence attendue pour une culture totalement stressée et non transpirante, stomates fermés et feuillage plus chaud que l’air ; valeur positive.
Lorsque dT coïncide avec la référence basse, l’indice vaut 0 (bon état hydrique) ; lorsqu’il coïncide avec la référence haute, il vaut 1 (stress maximal). La référence basse est généralement modélisée comme une droite du VPD sous la forme dTLL = a − b · VPD, avec des coefficients a et b à calibrer selon l’espèce, la variété et le climat local. Le VPD (Vapour Pressure Deficit) est obtenu à partir de la station météo, en mesurant simultanément la température et l’humidité de l’air.
Les seuils opérationnels d’interprétation typiques sont :
- CWSI 0 – 0,2 : bon état hydrique, culture bien irriguée, aucune intervention.
- CWSI 0,2 – 0,4 : stress léger ; en viticulture de qualité, il correspond souvent au seuil d’irrigation à déficit contrôlé (RDI) recherché entre la post-nouaison et la pré-véraison pour contenir la vigueur et améliorer la qualité des raisins.
- CWSI 0,4 – 0,6 : stress modéré ; intervention irriguée à évaluer pour la plupart des cultures (vergers, oliviers de table).
- CWSI 0,6 – 0,8 : stress sévère, risque de baisse de rendement et de qualité : intervenir.
- CWSI > 0,8 : stress critique, dommage physiologique en cours.
Les seuils sont indicatifs : ils doivent être calibrés sur le terrain selon la culture, la phénologie et l’objectif de production. L’irrigation à déficit contrôlé applique délibérément des volumes inférieurs au besoin potentiel lors de stades phénologiques sélectionnés, en tirant parti de la tolérance de la vigne pour améliorer le rapport pellicule/pulpe et le profil polyphénolique des raisins.
Le bilan hydrique FAO-56 : du CWSI au besoin en eau de la culture
Le CWSI indique si la culture est en stress à un instant donné ; pour estimer quelle quantité d’eau restituer, il faut un bilan hydrique. La méthode de référence internationale est celle du coefficient cultural décrite dans le FAO Irrigation and Drainage Paper 56, qui calcule l’évapotranspiration de la culture comme suit :
ETc = Kc × ET0
où ETc est l’évapotranspiration culturale (mm/jour), c’est-à-dire l’eau réellement perdue par le système sol-plante ; ET0 est l’évapotranspiration de référence (mm/jour), calculée avec l’équation FAO-56 Penman-Monteith sur une surface de gazon de référence standard, à partir du rayonnement net, de la température, de l’humidité et de la vitesse du vent ; Kc est le coefficient cultural (adimensionnel), qui corrige l’ET0 en fonction de l’espèce, du stade phénologique et de l’architecture du feuillage. La station météo de l’exploitation fournit les entrées pour l’ET0, tandis que le Kc rythme la saison d’irrigation selon les stades phénologiques.
Les valeurs de Kc indicatives pour les cultures arboricoles méditerranéennes (FAO-56 et adaptations locales, toujours à calibrer selon la zone et le système de conduite) sont :
- Vigne de cuve (système en palissage) : débourrement Kc ≈ 0,30-0,45 ; pleine végétation/floraison Kc ≈ 0,70-0,80 ; véraison-maturation Kc ≈ 0,45-0,60.
- Olivier : reprise végétative Kc ≈ 0,55-0,65 ; floraison-nouaison jusqu’à ≈ 0,65-0,70 ; grossissement des drupes/maturation Kc ≈ 0,50-0,65, réduit en régime de culture sèche.
Le croisement entre le bilan théorique (ETc) et la donnée physiologique (CWSI) est au cœur de la méthode : si le CWSI signale un stress en cours alors que le bilan est à l’équilibre, c’est le signe que le Kc adopté doit être mis à jour, ou que le système d’irrigation distribue l’eau de façon hétérogène.
Quand voler avec le drone thermique
La qualité du CWSI dépend de façon critique des conditions d’acquisition de la donnée thermique. La fenêtre optimale se situe entre 11h00 et 14h00, par journées ensoleillées, stables et peu venteuses, idéalement avec un ciel dégagé depuis au moins 30-60 minutes avant le vol. Dans ces conditions, la différence entre un feuillage bien irrigué et un feuillage stressé atteint le contraste thermique maximal, et le calcul du CWSI est fiable.
Il faut en revanche éviter les vols par temps nuageux ou à couverture variable (le feuillage se refroidit de façon non uniforme), en présence de vent fort (turbulences sur les températures du feuillage) ou aux heures d’aube/crépuscule (écarts thermiques trop faibles). Une pluie ou une irrigation récente altère également la donnée pendant plusieurs heures.
Le protocole opérationnel prévoit de mesurer en même temps que le vol la température de l’air et le VPD à l’aide de la station météo locale : sans ces paramètres, il n’est pas possible de fixer correctement les références dTLL et dTUL, et le CWSI reste lisible qualitativement mais peu fiable quantitativement. La standardisation des conditions d’acquisition (midi solaire, ciel dégagé, rayonnement constant, vent faible) est ce qui rend comparables dans le temps les cartes de stress hydrique d’une même exploitation.
11h00-14h00 : Fenêtre horaire recommandée pour les vols thermiques destinés au calcul du CWSI en conditions méditerranéennes : contraste thermique maximal entre feuillage bien irrigué et feuillage stressé, ciel dégagé et VPD élevé.
De la carte thermique au plan d’irrigation
Une carte CWSI n’a de valeur que si elle se traduit en plan d’irrigation. Le flux opérationnel standard prévoit cinq étapes : planification du vol, acquisition thermique et RGB de référence, traitement de la mosaïque et calcul du CWSI, zonage en classes homogènes, traduction en plan d’irrigation ou en carte de préconisation pour les installations de micro-irrigation zonées. C’est un processus qui intègre agronomie, vision par ordinateur et mécanique de l’irrigation.
Zonage et classes d’intervention
Le zonage divise la carte CWSI en 2 à 5 zones homogènes par niveau de stress. Chaque zone reçoit une recommandation opérationnelle cohérente : aucune intervention là où le CWSI est bas, irrigation standard dans les zones moyennes, irrigation renforcée ou anticipée là où le CWSI est élevé. Sur de nombreuses parcelles, la carte révèle également des différences pédologiques ou de profondeur de sol qui orientent la reconception future du système d’irrigation.
Compatibilité avec les installations de micro-irrigation zonées
L’irrigation de précision se traduit en action grâce à des installations compatibles avec la donnée spatiale. Le goutte-à-goutte sectorisé, les rampes modulables et les tuyaux à débit variable sont les technologies les plus matures pour appliquer un plan d’irrigation zonal. Les systèmes d’automatisation reliés aux stations météo et aux DSS bouclent le cycle, en ajustant les volumes et les tours d’eau en fonction de la carte CWSI la plus récente.
Cas d’usage : vignoble, oliveraie, verger, cultures maraîchères
Les applications opérationnelles du CWSI sont nombreuses. Dans les vignobles AOC/AOP, il guide la gestion du déficit contrôlé. Dans les oliveraies à haute densité, il identifie les zones où les jeunes plants ou ceux sur sols légers souffrent en premier. Dans les vergers de fruits à noyau et à pépins, il aide à préserver le calibre pendant la phase de grossissement. Dans les cultures maraîchères et industrielles (maïs, tomate d’industrie), il appuie les choix d’irrigation saisonniers.
Les relevés thermiques et multispectraux du service iDrone incluent le calcul du CWSI dans le cadre de forfaits intégrés d’analyse agronomique pour les filières à forte valeur ajoutée. Des exemples concrets sont présentés dans les études de cas Agrobit consacrées aux cartes et modèles au service des viticulteurs et aux cartes et modèles au service des oléiculteurs.
Intégration avec les capteurs de sol et les stations météo
Le CWSI par drone photographie le stress à un instant donné ; pour programmer l’irrigation dans le temps, il faut la continuité de la donnée de terrain. La combinaison gagnante est la triade drone + sondes de sol + station météo, alimentée par un DSS qui réconcilie les trois sources et suggère volumes et tours d’eau.
Sondes d’humidité du sol
Les sondes capacitives multiniveaux ou les sondes TDR mesurent l’humidité à différentes profondeurs (typiquement 20, 40, 60 cm) et montrent en temps réel où « descend » l’eau d’irrigation. Elles sont le complément parfait du CWSI : la carte du drone indique où se trouve le stress, les sondes indiquent si le sol est réellement en déficit ou si le système racinaire ne parvient pas à absorber l’eau malgré sa disponibilité.
Stations météo physiques et virtuelles
La station météo fournit les paramètres (température, humidité, rayonnement, pluie, vent) nécessaires pour estimer l’évapotranspiration de référence (ETo) et le VPD. Les stations météo virtuelles à haute résolution intègrent des modèles numériques et des données satellitaires lorsqu’une station physique n’est pas disponible au niveau de l’exploitation. L’évapotranspiration potentielle est l’épine dorsale de tout modèle de bilan hydrique cultural.
DSS et modèles de bilan hydrique
Un DSS d’irrigation agrège les trois sources de données et calcule le besoin en eau résiduel de la culture. Le modèle typique repose sur l’équation FAO-56 (ETc = ETo × Kc), corrigée par les données réelles des sondes et contrainte par le CWSI : si le CWSI indique un « stress en cours » alors même que le bilan théorique est à l’équilibre, c’est le signe que le modèle doit être mis à jour avec un nouveau Kc, ou que le système d’irrigation présente une distribution hétérogène. L’application iAgro intègre des prévisions météo hyperlocales, des indices satellitaires (NDMI, autre indice spectral utilisé pour suivre le stress hydrique) et des modèles culturaux pour appuyer ces décisions au niveau de l’exploitation.
Cas opérationnel : déficit hydrique contrôlé en vignoble
Une exploitation viticole toscane de 25 ha en Sangiovese AOP intègre depuis plusieurs saisons un protocole basé sur le CWSI. La logique opérationnelle est la suivante : deux relevés thermiques saisonniers (l’un post-nouaison, l’autre post-véraison) génèrent deux cartes de stress permettant de calibrer la gestion de l’irrigation. L’objectif n’est pas d’« éliminer le stress » mais de le maintenir dans une fenêtre qualitative cible (CWSI 0,2-0,4) entre la véraison et la récolte, tout en préservant les zones les plus sensibles (sols sableux, expositions plus chaudes).
Les cartes révèlent des différences importantes entre les zones de la parcelle : les zones sur sols profonds à faible CWSI restent en régime de « non-irrigation », les zones sur sols légers et à système racinaire moins développé reçoivent des interventions ciblées. Plusieurs analyses du secteur agricole italien indiquent que la combinaison de la télédétection thermique, des sondes de terrain et du DSS peut réduire la consommation d’eau globale du vignoble à qualité potentielle égale ; en viticulture premium, l’objectif n’est pas seulement d’économiser l’eau mais de mieux la répartir.

Fig.2 : De la carte CWSI au plan d’irrigation : le viticulteur et l’agronome décident sur le terrain où renforcer les tours de goutte-à-goutte en fonction des zones en stress, tout en préservant le déficit qualitatif ailleurs.
Conformité avec les éco-régimes et les appels à projets
L’adoption de pratiques d’irrigation de précision est cohérente avec les objectifs de la PAC 2023-2027 (éco-régimes sur l’usage durable des ressources), avec le Green Deal européen et avec la stratégie Farm to Fork sur la réduction des intrants. Le PNRR Agri 4.0 et les appels à projets régionaux (PSR/CSR, FEDER) financent les capteurs, les drones, les logiciels DSS et la formation, rendant un protocole CWSI accessible même aux exploitations de petite et moyenne taille. Des approfondissements sur les aides et financements pour l’agriculture numérique sont disponibles sur le blog Agrobit.
Questions fréquentes sur le stress hydrique et le CWSI
Qu’est-ce que l’indice CWSI ?
Le CWSI (Crop Water Stress Index) est un indice adimensionnel compris entre 0 (absence de stress) et 1 (stress maximal) qui mesure le stress hydrique d’une culture en comparant la température du feuillage à celle de l’air et à des références théoriques de culture bien irriguée et totalement stressée dans les mêmes conditions atmosphériques.
Comment détecte-t-on le stress hydrique d’une vigne ?
Il se détecte grâce à trois approches complémentaires : mesures directes (potentiel foliaire à la chambre de Scholander, tensiomètres ou sondes d’humidité du sol), télédétection thermique (cartes CWSI par drone) et télédétection multispectrale (NDRE, OSAVI). L’intégration entre la donnée spatiale (drone) et la donnée continue (sondes) est le modèle opérationnel le plus robuste.
Peut-on voir le stress hydrique depuis un satellite ?
Oui, partiellement. Le satellite Sentinel-3 et d’autres capteurs thermiques fournissent des cartes de température de surface, mais avec une résolution de plusieurs centaines de mètres, inadaptée à l’échelle du rang. Le satellite Sentinel-2, en bande SWIR et avec des indices comme le NDWI, fournit des indications indirectes. Pour le calcul d’un CWSI à l’échelle du rang, le drone thermique reste l’outil de référence.
Quel est le meilleur moment pour un vol thermique ?
La fenêtre optimale se situe entre 11h00 et 14h00 heure solaire, par journées ensoleillées et stables, avec un ciel dégagé depuis au moins 30-60 minutes avant le vol. Il faut éviter les ciels variables, le vent fort, les créneaux horaires extrêmes (aube et crépuscule) et les vols proches d’épisodes de pluie ou d’irrigation récents.
Le stress hydrique contrôlé est-il bénéfique pour le vin ?
Un déficit hydrique modéré entre la véraison et les vendanges peut améliorer la qualité potentielle des vins rouges structurés : il augmente la concentration en sucres, polyphénols et anthocyanes, contient la vigueur végétative, améliore le profil sensoriel. La fenêtre qualitative est cependant étroite : au-delà du seuil, elle devient un dommage. Mesurer avec le CWSI permet de rester dans la bonne fenêtre.
Combien peut-on économiser avec l’irrigation de précision ?
Les expériences documentées dans les filières italiennes indiquent des économies d’eau de l’ordre de 20-50 % par rapport aux régimes d’irrigation uniforme traditionnels, en fonction de la culture, de la pédologie et du système d’irrigation de départ. L’économie s’accompagne d’une meilleure répartition de l’eau et d’un meilleur contrôle qualitatif de la production.
Conclusions
Agrobit conçoit des protocoles CWSI intégrés pour les vignobles, oliveraies, vergers et grandes cultures : relevés thermiques par drone avec iDrone, intégration avec sondes de terrain et stations météo, appui agronomique pour la lecture des cartes et la programmation de l’irrigation. Parlez à l’un de nos techniciens pour construire le bon flux pour votre filière.
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Pour les exploitations à la recherche d’un parcours opérationnel de bout en bout, la page outils pour l’exploitation agricole est disponible, ainsi que des approfondissements sur la durabilité des technologies Agrobit.